Magazine/RAM/Oct 2019

Interview radiophonique de Perrine Bourel et Mosin Kawa à propos de leur nouveau travail en duo. Pour écouter: ICI.

 Le Bloc-Guillaume Malvoisin / Août 2019

Exercice de dénuement. De l’installation, du dispositif sonore et musical. Un instrument, une musicienne, une chaise, le tout acoustique. Minimal Compact comme on disait à Tel-Aviv au début des années 80. En 2019, il faut voir Perrine Bourel. Voir Perrine Bourel voir. La voir explorer de la rétine son cordier, voir son œil s’allumer aux harmoniques produites, Voir sa gestuelle et les effets de jeu être réduits au minimum. Rien pour le show, tout pour la musique. Drone poussé avec une patience irrésolue, mélodie trad montée par fragments et tout juste appuyée du talon. Pour en savoir plus, aller faire un tour du côté des prod du club La Nòvia dont Perrine fait partie, combo basé en Haute-Loire et maîtrisant parfaitement, dans ses projets sonores, la dissonance cognitive des répertoires. Ici, c’est le violon génialement schizoïde, mû sur un pied expérimental et sur un pied tradi. Deux répertoires incompatibles pour les novices. Tant pis pour eux, ce solo montre les négociations peu secrètes des deux catalogues Long drone avant-gardiste canal minimaliste, petite dramaturgie de souffle et de frottements infimes, ostinato en lents déphasages mais aussi petite chanson d’amour où on imagine assez bien les sourires éclairés et les cœurs fendus. Le minimum de notes pour atteindre le récit dans ses grandes largeurs. Un peu comme MiniMir, en son temps, qui savait rester mini en faisant le ma-xi-mum.

An instrument, a musician, a chair, all acoustic. Minimal Compact as said in Tel Aviv in the early 80s. In 2019, you do have to see Perrine Bourel. See Perrine Bourel seeing. See her the retina exploring her tailpiece, see her eye lighting up while hearing the harmonics produced, see her body language and playing effects set to a minimum setting. Nothing for the show, everything for the music. Drone pushed with an unresolved patience, melody trad mounted in fragments and just supported by the heel. To find out more, take a look at the productions of La Noviá, of which Perrine is a member, a combo based in Haute-Loire and perfectly aware, in its sound projects, with the cognitive dissonance of the repertoires. Here, let’s talk of the brilliantly schizoid violin, both moving on an experimental foot and on a traditional one. Two incompatible musical directories for novices. Too bad for them, this solo shows the obvious negotiations of the two catalogues Long drone avant-gardist, small dramaturgy of breath and tiny frictions, ostinato in slow dephasing but also small stirring love songs where we can easily imagine the enlightened smiles and the crushed hearts. A minimum number of notes to reach the large widths of stories.

CHEWn! A food and music zine#2 / Interview Perrine Bourel from La Novia/ Juillet 2019

Entretien  sur le lien entre la musique et la cuisine. Pour lire c'est ici.

Les oreilles libres/Radio Libertaire/ Mai 2019

Christophe Frémiot interroge Perrine Bourel pour la sortie de son disque solo "des montagnes". Pour écouter c'est ici.

France culture / Par les temps qui courent - Marie Richeux / 31 mai 2019

entretien avec Perrine Bourel pour la sortie du disque "des montagnes"

Pour écouter c'est ici.

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OUFIPO/Entretien/Festival NoBorder/Brest/décembre 2018

José Roy interroge Perrine Bourel sur le terme " violoneux".

Pour écouter cliquez ici.

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Fond de caisse/Interview fleuve Perrine Bourel et Golem Mécaniques/janvier 2018/

Propos recueillis par Dionéo (alias Robert) de Guts of darkness . Pour  lire c'est ici.

Compilation Astruc #12 / Décembre 2017

Une compilation de mes 10 morceaux préférés en décembre 2017, pour le label Astruc. Pour écouter c'est ici.

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Les oreilles libres/Radio Libertaire/septembre 2016/

Christophe Frémiot interroge Guilhem Lacroux, Jacques Puëch et Perrine Bourel à propos du collectif  La Nòvia.

Pour écouter ou télécharger l'émission cliquez ici.

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Le Monde/Février 2016/

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The Drone/Mars 2015/

La Nòvia va vous faire changer d'avis sur les musiques traditionnelles de nos régions
Par Olivier Lamm

On a découvert La Nòvia, collectif, corps filandreux, asso solidement bâtie petit à petit par petites touches, petites illuminations successives, sans même réaliser qu'on avait affaire à quelque chose d'important et d'organisé. Il y a d'abord eu France , trio exceptionnel de rock de transe dont on vous a parlé en large il y a quelques semaines  pour la réédition d'un de leurs disques chez Mental Groove et dont on suit fébrilement la trace depuis qu'on a découvert sa musique grâce au label de Sun Plexus  ; ensuite Yann Gourdon, pilier du trio avec sa vielle à roue amplifiée dont on a réalisé à force de lire le nom sur les programmes de Sonic Protest ou des Instants Chavirés qu'il était aussi l'une des figures les plus dynamiques de l'underground des nouvelles musiques improvisées; enfin un retour de flammes spectaculaire de l'étranger, notamment les animateurs du festival flamand Kraak, à Gand, qui furent parmi les premiers à s'intéresser aux activités remarquablement radicales des diverses entités très emmêlées du collectif.

Ce dernier fait est d'ailleurs significatif : les gens de La Nòvia se revendiquent tous de l'étiquette "musiques traditionnelles de France" et il fallait sans doute attendre le premier regard d'aimables cousins étrangers pour qu'on cesse de se pincer le nez et qu'on passe à l'acte d'écoute de leurs multiples activités. Pour de complexes raisons idéologiques, politiques et historiques dont on se garde pour l'instant d'entamer l'analyse et l'énumeration et à l'inverse de la plupart de nos voisons européens, la France en effet a mal à ses musiques traditionnelles, profondément et depuis longtemps.

Pour citer un article à charge rédigé en 2012 par notre collaborateur Sylvain Quément dans Chronic'art: "Dans l'inconscient collectif français, il y a un trou. Folkflores et musiques dites traditionnelles, sujet tabou, grand impensé médiatico-intellectuel (...). Folklore: mot maudit, marqué au fer rouge, associé à jamais aux sabots, à la poussière muséale et à la petite chose typique. Une hérésie bien française, alors que partout ailleurs, le mot réfère non à des styles, mais à des fonctions musicales".

Aussi quand un collectif basé en Haute-Loire "qui réunit des musiciens résidant sur un large territoire (Auvergne, Rhône-Alpes, Béarn, Limousin, Cévennes, Franche-Comté)" se revendique de la musique traditionelle, on se figure d'abord un remix foireux de "J'ai vu le loup, le renard et la belette", des indépendantistes bas du front avec des queues de rat sur l'épaule, des fanions qui battent au vent dans un village de vacances. Or les projets de La Nòvia, c'est exactement le contraire: puissance, stridences, ponts jetés vers les univers du noise, du drone, du psychédélisme et de la radicalité.

Yann Gourdon, premier idéologue et porte-parole du collectif, réfute d'ailleurs totalement le terme de "musique folklorique": "Si je suis tant réticent quant à son emploi, c'est que notre musique n'a rien de folklorique. La musique folklorique (pas "folk", le mot "folk" désigne encore autre chose) fixe un instant donné d'une pratique et lui confère une dimension muséale. Ce qui est en contraction avec ce qu'elle représente, puisque les musiques traditionnelles sont vivantes et en perpétuel mouvement. Mais il s'agit là d'étiquettes (tout comme "avant-garde, musiques nouvelles, drone, musiques improvisées"...) et ce n'est pas ce qui m'intéresse quand on parle de musique. Je préfère parler de l'expérience du son. C'est dans la radicalité de l'expression sonore que l'on peut percevoir les affinités esthétiques entre des musiciens tels qu'Antonin Chabrier  (violoneux du Cantal) et Tony Conrad  ou encore le Père Chaicrot  (vielleux du Morvan) et Keiji Haino ".

Des musique des montagnes d'Auvergne et du Limousin revisitées façon americana noise par Toad jusqu'aux bourrées des Alpes du Sud jouées comme la plus radicale des musiques nouvelles par le duo Violoneuses, c'est une ligne de force proprement incandescente qui traverse les groupes de La Nòvia, et c'est peu de dire qu'elle est communicante: elle emporte tout, tout, jusqu'à nos plus tristes, banales idées toutes faites sur les musiques de nos régions, montagnes et forêts. On est infiniment heureux que La Souterraine et MOSTLA se penchent aujourd'hui sur le cas du collectif avec cette anthologie perpétuellement captivante, galvanisante qui devrait décrocher quelques machoires jusque chez les amateurs de noise rock, de musique électronique et d'indie désincarné. C'est totalement gratuit à l'écoute et au téléchargement, n'attendez pas trop pour la récupérer.

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